Yann Miralles

Hui

 

 

 

 

 

 

routes camions vainqueurs par ko – ok.

transports fluviaux peau de chagrin – ok.
complexes pétrochimiques & pêchers, alluvions 
& atome : on a touché à la matière – ok. 
le local devenant fief, périphérie, périurbain, 
souffle/siffle un air de vacances – ok.
culture folklorisée, locuteurs vieux – ok.
drapeaux, plaques : transfert coloré, fierté déplacée – ok.
miss olives & riz & figue, etc. – ok.
les enfants font la ronde, les flutes sont sur le pont – ok.
dépliants touristiques de l'ici, l'image l'éloignement – ok.

mise à jour terminée ? – pas du tout.

 

Conçu en trois mouvements pour chercher le jour, Hui est un livre qui engendre le présent. À partir de la danse, de la dispersion des corps dans la musique robotique – on croise ici les boucles sonores de Daft Punk dans les brume des boîtes de nuit – Yann Miralles puise, dans cette répétition pulsionnelle, hypnotique, la syncope des gestes qui surgissent dans le corps, hors du corps, contre l’angoisse, contre l’autre. Pierres roulées dans le souvenir que ces gestes, toutes nos années enfouies, soulevées révélées dans le rythme d’une musique confiée aux machines, aux voix humaines déformées. Là au milieu de la nuit, à piétiner une musique dans la nuit, sans lendemain sur le moment – jusqu’à l'apparition, jusqu'a la rencontre "soudain brune dans le robotique", jusqu’à se toucher.

Et c’est suivre ensuite le lointain mouvement du fleuve dans le temps, le Rhône chanté par Frédéric Mistral. Tout ce temps à transporter des bateaux, des bêtes, des empires et des hommes lentement. Cette eau calme sous le soleil, incessante, comme en mise à jour permanente, en réinitialisation du passage, du commerce, de la navigation : des paysages façonnés tranquillement, et comme sans volonté propre, le simple résultat d'une accumulation, d'un processus inconscient de superpositions. Le convoi de notre histoire encore là presque visible sous nos yeux – vieilles usines abandonnées sur les berges d’un fleuve en « échographie du présent ».

Dans la succession des gestes, dans la danse nocturne et dans le passage sur le fleuve, on fabrique un drôle de temps qui est le nôtre, on engendre, au bout d'une longue gestation, à son tour. En fichiers, en photos, en souvenirs balayés sur l’écran, on accélère la mémoire. La mémoire devient immédiate, et c’est l’histoire qui commence là. On met de nouveaux êtres au monde, dans une répétition inédite de soi-même et de l'autre. Un visage qui n’existait pas, une voix nouvelle qui s’élève, un nom, dans le récit de la lumière, et voilà c’est tout simple : on a inventé la vie.

 

2020, imprimé en typographie

15 x 21 cm, 64 p., 978-2-87704-212-3, 16 €

Tirage de tête

22 exemplaires sur Vélin de Rives, contenant une œuvre originale en trois volets de Jérémy Liron, signée.

Plusieurs motifs disponibles.

 

300 €