Paul Auster

Espaces blancs

 

 

 

 

 

 

 

 

Un homme se met en route pour un lieu qu’il ne connaît pas. Un autre revient. Un homme arrive dans un lieu sans nom, sans indication pour lui dire où il est. Un autre décide de revenir. Un homme écrit des lettres de nulle part, depuis l’espace blanc qui s’est ouvert dans son esprit. Les lettres n’arrivent pas à destination. Les lettres ne sont jamais envoyées. Un autre part à la recherche du premier. Le second ressemble de plus en plus au premier, jusqu’à être, lui aussi, aspiré par la blancheur. Un troisième se met en route sans espoir d’arriver jamais quelque part. Il erre. Il continue d’errer. Tant qu’il reste au royaume de l’œil nu, il continue d’errer.

 

« Quelque chose se passe », peut-on lire dès la première ligne. Dans le mouvement des espaces et de la voix, comment être le témoin de ce qui se passe ? Que comprenons-nous, du monde sous nos yeux, entre image et réalité ? Quels espaces percevons-nous, par delà ceux où nous nous tenons ? On se succède, passagers sans visages, silhouettes sans destination, prises dans les espaces blancs. Il reste nos mots pour peupler notre silence, qui nous habite et nous défait, les mots dans l’espace et leur écho quand tout ce qui passe de gestes et d’hommes a été oublié. Le mystère de ce que l’on cherche à comprendre et de voir en essuyant nos yeux nus.

 

1985 (3ème éd. 2016). Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise de Laroque, édition bilingue

ISBN 9782877041690, 48p., 16x11 cm, 12 €

Tirage de tête

50 exemplaires sur Vélin d'Arches.

90 €