Georges Perros

Georges Perros est né en 1923 à Paris. Il commence par étudier l’art dramatique et est reçu à la Comédie-Française, où il rencontre notamment Jean Grenier et Gérard Philippe. Il abandonne la figuration théâtrale pour se consacrer à la littérature et commence à publier des notes de lecture en 1953 dans la NRF. Il traduit également durant cette période Tchekhov et Strindberg. Il s’installe en 1959 à Douarnenez, où il écrit et lit intensément. Perros ouvre son œuvre en 1960 avec le premier des trois tomes de Papiers collés, assemblage de fragments hétéroclites et libres qui mêle humanité et ironie désabusée, et marque un refus d’une œuvre lisse, enfermée dans un genre identifiable. Cette peinture d’un quotidien sans importance apparente, où se révèlent les failles de l’existence, se retrouve dans son recueil Une vie ordinaire. Atteint d’un cancer du larynx, il décède en 1978 après n’avoir publié que quatre livres. Perros a reçu le prix Max Jacob en 1963, le prix Valéry Larbaud en 1971 et le prix Bretagne en 1974.

Correspondances (avec Bernard Noël)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon cher Georges,

tant de silence, comme un désert à franchir maintenant, et dont j'ai assez peur. Vous étiez présent quand même, mais ce qui demeure fixe de mon côté a pu bouger du vôtre... J'aurais préféré venir vous voir. Déjà dit, autrefois. Longtemps malade, l'an passé. Sans doute simplement d'en avoir par dessus la tête du dictionnaire, et surtout de ceux qui le font faire. Plus détaché maintenant, et moins prêt à tomber dans les nostalgies passées. C'est drôle, quand le cœur cède, des tas de mots deviennent inemployables, dont on sait soudain trop bien le sens. 

 

Faite de pudeur, parfois de timidité, cette correspondance entre deux écrivains de "grand format" témoigne d'une grande attention à l'autre, à ses projets et à ses livres. Certes, elle peut sembler plus d'une fois en péril, comme le montrent ses interruptions, mais à chaque retrouvaille, cette correspondance nous dit qu'il n'en est rien. La présence ténue de l'autre a laissé derrière elle un sillon dans lequel se déposent ses livres et son empreinte : ces deux hommes se connaissent et se reconnaissent. Entre le silence "à vide" et "avide" de Bernard Noël et la "liberté du retrait" cultivée par Georges Perros, la lettre prend alors une allure qui dépasse le médium, elle touche à la fugue, à la méditation sur l'homme et sur l'écriture.

Hervé Carn (extrait de la préface)

 

1998, préface et notes de Hervé Carn

152 p., 15x21 cm, ISBN 2877041077, 24 €

Tirage de tête

- 45 exemplaires sur Vélin d'Arches, contenant deux gravures, l'une de Cécile

Reims et l'autre de Fred Deux, signées.

600 €

 

- Quelques exemplaires sur Vélin d'Arches, non numérotés, sans œuvre.

60 €