Thomas Kling

appareil. vision. nocturne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

avec le tablier de protection chargé de plomb 
qui tire contre terre, face à l’espace linguistique, 
face au paysage, face aux paysages et aux es- 
paces linguistiques qui tombent à terre.
sans sous-titre. 

Semblables aux poissons photophores des grands fonds, les appareils de vision nocturne sont des dispositifs optiques qui permettent de capter dans l’obscurité les photons de lumière résiduelle et de les amplifier de sorte à rendre possible la vision. Les poèmes présentés ici sont des « machines nocturnes » grâce auxquelles Thomas Kling plonge dans la nuit des temps, traverse l’opacité des sédimentations historiques, linguistiques, culturelles et artistiques pour dénicher des résidus apparemment morts ou oubliés et les recharger d’énergie tout en les reconfigurant. Kling met au jour les vestiges de traditions ruinées, les recycle et les remet en marche, exhume les morts et les mots pour leur redonner vie dans un bouche-à-bouche à l’issue incertaine. Recueil écrit immédiatement après la réunification, appareil. vision. nocturne. radiographie d’est en ouest les transformations linguistiques provoquées par la chute du Mur de Berlin. Kling instaure un dialogue permanent et atemporel avec les événements, les lieux et les références littéraires et historiques, présentes et passées. Dans une démarche poétique inédite, associant montages visuels et brouillage du langage, il crée un réseau de sens vertigineux, aussi bien à l’échelle du poème qu’à celle du recueil tout entier.

 

2018, traduit de l'allemand par Aurélien Galateau, préface de Laurent Cassagnau.

96 p., 15 x 21 cm, 9782877041980, 17 €