Paul Celan

Paul Celan, de son vrai nom Paul Antschel, est né à Cernăuţi en Roumanie le 23 novembre 1920. Il étudie la médecine en 1938 en France, mais retourne à l’université de Cernăuţi pour étudier les littératures romanes. En 1942, ses parents sont envoyés dans un camp d’internement en Transnistrie, d’où ils ne reviendront pas. En 1943, Celan est déporté dans un camp de travail forcé en Moldavie. Il est libéré en 1944 et s’installe à Bucarest où il travaille comme traducteur et éditeur. En 1947, il publie à Vienne son premier livre Le sable des urnes. Son deuxième livre, Pavot et mémoire (1952), fait de lui, d'abord en Allemagne puis dans le monde entier, le poète de l'Holocauste, qui s'emploie à créer un contre-langage face à celui qui a permis l’extermination des juifs d’Europe. Il s’installe finalement à Paris, où il occupe la fonction de lecteur d'allemand et de traducteur à l'École normale supérieure. Il est naturalisé français en 1955 et reçoit le prix Georg Büchner en 1960. A partir de 1965, il fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique. Il a traduit de nombreux poètes, dont André du Bouchet, René Char, Jean Cocteau, Ossip Mandelstam, Henri Michaux, Fernando Pessoa, Arthur Rimbaud ou Paul Valéry. Paul Celan meurt à Paris en se jetant dans la Seine le 20 avril 1970.

Poèmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beth, - c'est

la maison où la table se tient avec

 

la lumière et la lumière.

La langue de Celan est d'une telle inventivité, cette inventivité est liée de façon si intime aux ressources lexicales et morphologiques de l'allemand qu'il est exclu de vouloir la transposer telle quelle. De surcroît, le lien historique de Celan à sa langue est infigurable, comme tel en français. Pour ce Juif de la Bucovine, grandi dans un environnement roumain, l'allemand fut jusqu'à la guerre à la fois la langue de culture et la langue d'affirmation de l'identité juive contre le roumain. Que cette même langue soit devenue par la suite la langue de la destruction et de la mort, situe le paradoxe tragique que Celan eut à vivre en écrivant.

John E. Jackson (extrait de la préface)

 

1987, rééd. 1996, traduit de l'allemand et préfacé par John E. Jackson

88p., 15x21 cm, quelques exemplaires disponibles, 30 €