
Mario Benedetti
Mario Benedetti est né en 1920 à Paso de los Toros, en Uruguay. Issu d’une famille d’origine italienne, il quitte l’école à quatorze ans pour exercer différents métiers, où il côtoie ouvriers et employés, qui inspireront nombre de ses livres. À la fois poète, romancier, dramaturge et essayiste, mais aussi parolier et scénariste, il est l’auteur d’une œuvre considérable, parmi les plus importantes de l’Amérique latine au xxe siècle, qui compte près de quatre-vingts livres, dont une quarantaine de recueils de poésie. Il épouse en 1946 Luz López Alegre, qui sera la compagne de sa vie et inspirera nombre de ses poèmes. Ses premiers livres assoient sa notoriété en Uruguay, et notamment ses recueils de poésie (comme Poèmes du bureau en 1956), qui dressent le tableau d’une petite bourgeoisie mesquine et routinière, mêlant le langage parlé et l’argot, les situations banales et les trouvailles littéraires. Son roman La trêve, paru en 1962, remporte un succès considérable et lui assure une renommée mondiale. Figure de proue de la « Génération de 1945 », il a marqué son œuvre de son opposition à la dictature militaire au pouvoir en Uruguay de 1973 à 1985, qui causa sa démission de l’université et son exil en Argentine, au Pérou (où il est emprisonné), à Cuba (dont il est un ardent défenseur de la révolution), puis en Espagne, jusqu’à son retour dans son pays, qu’il qualifiera de « désexil ». Cette expérience de l’errance nourrit nombre de ses livres, qui dépeignent une vision politique d’une Amérique latine frappée par les coups d’État militaires, la corruption et une grande pauvreté des populations. Écrivain militant anti-impérialiste, il fait de fréquents voyages à Cuba et refuse toute invitation des États-Unis. En 1995, il rassemble ses plus beaux Poèmes d’amour dans une anthologie qu’il intitule L’Amour, les femmes et la vie, en antidote au pessimisme amoureux largement misogyne d’un Schopenhauer. Les dernières années de sa vie, il se voit couronné de très nombreux prix internationaux, dont les plus prestigieuses distinctions de l’Amérique hispanophone. Quand il meurt en 2009 à Montevideo, trois ans après son épouse, l’Uruguay décrète un deuil national.
