Exposition à venir :

 

STÉPHANIE FERRAT

Retenir les oiseaux

 

Vernissage samedi 19 octobre à 19 h

avec une lecture de Stéphanie Ferrat

 

Exposition à découvrir du 19 octobre 2019 au 18 janvier 2020

 

 

Des pattes, un bec, oiseaux saisis dans le relevé de leurs extrémités. Ce sont les parties dures. Il ne reste plus rien d’un corps, ni d’un envol ; à peine un contour. Entre ces tracés au crayon – pattes pour se poser sur le sol, becs pour guider une émotion – l’espace béant de l’absence à réinventer. Masses pigmentaires plus ou moins denses, plus ou moins rondes, enflées, longilignes, à peine dégrossies de glaise, dans un geste à la fois brut et délicat, comme une brève étreinte pour leur saisir un corps. 

Un numéro d’inventaire pour seule identité. Une archive de musée, petits objets pour la mémoire, au fond des vitrines. Qui sont ces oiseaux qui ne volent plus, le corps bourré de paille ? Ils ont la fierté des grands aigles ou des fragilités de moineaux. Ils ont des formes que l’œil profane hésite à nommer. Ce numéro d’inventaire qui achevait de les figer dans les registres est ici le point de départ d’une nouvelle incarnation. Stéphanie Ferrat a toujours fait surgir les choses dans un geste d’effacement. Elle s’est souvent servie de relevés naturels ou de documents du passé pour développer un territoire imaginaire qui agirait comme une membrane, une empreinte du vivant, tout en prolifération sensible, à l’exacte intersection de la terre et de l’apesanteur. Ici c’est comme si elle avait saupoudré de terre des fantômes d’oiseaux pour en faire apparaître le volume, leur poids et leur légèreté à la fois ; leur possibilité d’envol. 

Redonner vie ce n’est pas mouvoir, c’est donner la possibilité de la vie. Ce n’est pas chose facile, ce n’est pas une aile, un coup de vent. Les oiseaux de Stéphanie Ferrat sont émouvants dans leur difficulté, leurs corps encore flous, encore troubles d’être revenus de l’oubli ; encore un peu effarés de ce retour. Ils ont le manque d’assurance des nouveau-nés, ils incarnent ce qui était là, une permanence, un écho, une trace passagère dans la mémoire. Ils peuvent avoir des couleurs, ils sont le plus souvent encore dans l’ocre, encore à demi translucides, passer la main suffirait à les effacer. Ce ne sont pas des oiseaux qu’on tient dans la main. Certains encore serrés sur eux-mêmes, d’autres un peu fous, ou apeurés, maladroits, à la recherche d’un équilibre. Il y en a des pointus, des drôles, des effacés. Beaucoup nous regardent, nuages d’oiseaux timides, et leur apparition embryonnaire, tendue entre mémoire et émancipation, leur vie qui déjà décolle, fébrile, est contagieuse : grands yeux écarquillés qui interrogent notre réalité.

 

 

Nous exposons en permanence un choix d'œuvres originales de nos artistes : Jean-Gilles Badaire, Stéphanie Ferrat, Robert Groborne, Leonardo Rosa, Gérald Thupinier. Nous présentons également une sélection d'estampes de Jean Fautrier, Lars Fredrikson, Henri Michaux, Antoni Tapiès, ainsi que l'intégralité de nos tirages de tête et éditions limitées.

Horaires :

La galerie est ouverte du mercredi au samedi de 14 h à 19 h et sur rendez-vous.